Histoire

Jardin botanique de Vauville

C'est dans la petite plaine alluviale de la baie de Vauville que d'un vaste champ herbu et plat de huit hectares en légère déclivité vers la mer qu'est né le jardin. C'est Eric Pellerin qui, à partir de 1948, décida parallèlement aux travaux de reconstruction d'une maison à l'architecture durement éprouvée par des années de guerres, d'occupation et de pillage, de procéder aux premières plantations. Ayant percé vers l'Est le mur d'enceinte ceinturant le château, il commença à planter avec une certaine audace et dans l'abri naturel des anciennes douves, ce que furent les premières plantations (Un cyprès de Lambert) et les premiers pas du jardin.

Jardin botanique de Vauville

Sur cette pièce de terre battue par les vents d'Ouest insistants, il profita de la position abritée de cette partie du terrain, de la masse des bâtiments tout proches et de la présence du mur d'enceinte constituant les premiers brises vents.L'étude des relevés des températures confirma que la dérive Nord Atlantique du Gulf Stream accordait à la baie de Vauville un climat particulier, au différentiel de température réduit. Si l'été ne dépasse que rarement les 28°, l'hiver semble ignorer superbement les températures inférieures à - 5°.

Jardin botanique de Vauville

Dans son développement le jardin a connu plusieurs grandes étapes. Des années 1950 à 1967 il occupe une surface d'environ 2.000 mètres carrés, circonscrite à une vingtaine de mètres du périmètre constitué par les vestiges du mur d'enceinte entourant le château. En 1968 la surface passe à 20.000 mètres carrés, s'agrandissant vers le Sud. En 1970 les deux potagers qui jouxtent le château sont transformés en « jardin à fleurs » réservés aux fleurs à couper, une serre est construite le long de sa façade Ouest.

Jardin botanique de Vauville>

En 1980, Guillaume Pellerin et son épouse Cléophée de Turckheim récupèrent 20.000 mètres carrés vers le Sud dans le champ connu sous le nom de « haute couture », ils viennent s'ajouter aux surfaces existantes pour former les quatre hectares du jardin. En 1992 la surface bitumée du tennis est transformée en pépinière pour élever en conteneurs les sujets des futures plantations. En 2004, devant l'affluence des visiteurs et l'impossibilité de gérer le stationnement, l'entrée du jardin est transférée au Sud. En 2006 ce sont 35.000 m2 qui s'ajoutent aux réserves foncières nécessaires aux projets de création d'un grand parking, de l'agrandissement des plantations, d'un bâtiment d'acceuil ainsi que d'un futur Musée National des Outils de Jardin.

Jardin botanique de Vauville

LES JARDINS

 

ACCUEIL

Regroupant la billetterie, la vente des plantes du jardin, l'accès au salon de thé et à la boutique « le comptoir du jardinier » tout comme les points de départ et de retour de la visite du jardin, c'est le lieu de rendez-vous et d'information des activités du moment.

 

LE THEATRE DE BAMBOUS

Espace destiné à recevoir une sphère armillaire indiquant le centre du jardin cet espace isole le visiteur des autres végétaux du jardin et attire son oeil vers le ciel, ce qui est assez rare dans le jardin.

 

LA PALMERAIE HAUTE (création 1995)

Plantée sur 5000 m2   et commencée en 1992, elle domine le jardin et surplombe la mer que l'on aperçoit à moins de 300métres. Bien   protégée des vents du Sud par une haie de Bambous et de Chênes verts ( Quercus Ilex), les Rhododendrons aux couleurs vives s'épanouissent à l'abri du vent et profitent aussi de l'ombre des dizaines de Trachycharpus Fortunei et de Chamerops humilis plantés en mélange. Ces rhododendrons ont été plantés pour former, à terme, une couronne   géante de fleurs roses et rouges et ensuite former un isolement visuel du reste des   parties basses des palmiers. Deux nouvelles espèces de palmiers sont introduites en 2000 : le Brahéa (ou Erythéa) reconnaissable à ses grandes feuilles aux teintes grises et le Livinstonia aux larges feuilles vert tendre. Comme dans une forêt spontanée, de petites clairières abritent Arbutus unedo, Céanothus, Fougères, Eucalyptus, Phormiums tenax   apportant à différentes hauteurs de végétation des teintes et des feuillages mélangésUn cheminement est ménagé parmi les plantations accentuant par son tracé sinueux le dépaysement voulu lors de la plantation.

 

TRACHYCARPUS ET AUTRES PALMIERS. (Création 1995)

Cette zone n'est plantée que d'arbres et arbustes issus des pépinières du Jardin.Les Trachycarpus Fortuneii en accentuent le coté exotique et les Eucalyptus le coté insolite. Bien abrités, rhododendrons et camellias, en taches de fond poussent sagement abrités par les haies de bambous.

L'ABREUVOIR (création 1980)

Cet ancien abreuvoir destiné aux animaux de la pâture d'origine a été transformé en bassin d'ornement. Bordé de nombreux végétaux qui se reflètent dans l'eau, cet endroit paisible est loin de vents. Figuier, Oléaria, Bambous, Bambous nains, Arums, Bergénias, y poussent tranquillement au soleil, entourés   d'Eucalyptus protecteurs. La variété des feuillages, jouant en contrastes, prend ici toute sa valeur. La sculpture de la tête de lion exécutée en 1990 suivant un dessin de G. Pellerin crache en permanence une eau fraîche amenée par un canal à ciel ouvert depuis plus de deux kilomètres. Cet abreuvoir est prolongé par une « rivière » incurvée creusée vers le Sud   et donnant l'illusion d'un prolongement naturel du cours d'eau.

 

LE BAIN D'OISEAU (création 2000)

Ce bloc de granit monolithe, creusé finement dans son centre, peut recueillir graines   ou eaux de pluie. Les oiseaux connaissent ce petit coin qui leur est réservé. De part et d'autre de cet pierre- sculpture, Phylostachys vivax poussent à l'ombre d'un Criptoméria, arbre symbolique originaire du Japon.

 

L'ALLEE DES HYDRANGEAS

Particulièrement bien implantés dans notre région, les hydrangeas se développent sans retenue. A remarquer la variété des floraisons et l'hydrangea « AYESHA » à la fleur proche du lilas.

 

LE CHEMIN DE LA DECOUVERTE (création1950)

C'est par les Douves que l'histoire du jardin commence dans les années 1950. Les premiers pieds mère des Phormiums tenax et des Phylostachis ainsi que les premiers cèdres bleus Cedrus atlantica glauca et les premiers Eucalyptus furent plantés, protégés par le mur d'enceinte qui entoure le château. Les premiers succès remportés sur le climat encouragèrent l'audace qui a toujours animé les propriétaires du jardin. Famille attachée à ce lieu et qui depuis deux générations continue à défier les aléas climatiques d'un lieu exposé pour développer et repousser sans cesse les limites de la luxuriance de ce rêve végétal.

Jardin botanique de Vauville - Douves

 

LE CHEMIN DES FOUGERES (création 1960)

Un cheminement   au milieu des plantes d'Australie, avec des   Grévilléa rosmanifolia, Calistemon, Hoheria, Myositidum hortensia, et de   Tasmanie où les Dickonsia antartica relèvent le défi depuis plus de cinquante ans de bien vouloir pousser dans le Cotentin !   Un Trachelospermum jasminoides s'accroche sur le mur du Pigeonnier côtoyant quelques mètres plus loin, un Stantonia exaphyla   dont la fragrance capiteuse, où « la plante qui sent à 1000 lieux »  rare et injustement méconnue plante grimpante venue de Corée qui arracha quelques larmes de nostalgie de ses souvenirs d'enfance à une visiteuse d'origine coréenne. Fuschias, Silla péruviana, Agaves complètent ce chemin encaissé...

Jardin botanique de Vauville

 

LE CHEMIN MYSTERIEUX   (création 1972)

Au détour d'une pyramide en pierre de Rance , ce sentier un peu mystérieux nous fait découvrir une végétation inattendue : Eucalyptus au tronc tortueux, une foret   de Bambous, Mahonias, Grévillea, Chévrefeuilles poussent en mélange ombragé par l'Acacia parvifolia et l' Accacia mélanohxylon et le Chamerops humilis.

Jardin botanique de Vauville

LE JARDIN DE LA SAGESSE (création 1980)

Des grands eucalyptus, conservés et retaillés,   bien que couchés par la tempête de 1987 forment le toit ajouré de ce jardin romantique. Un bassin est en l'axe principal autour duquel Pivoines arborescentes, Camelias sinensis ou Theier, Phlomis fructicosa, s'abritent devant une grande haie de Camélias sinsenquoi. Une table en pierre et son banc arrondi accueille celui qui cherche le calme, la réflexion et la vue en transparence sur la face sud du château.

Jardin botanique de Vauville

 

LA DEMI- LUNE (création 1972) uniquement avec les visites guidées.

Jardin en deux niveaux   joliment planté de Bechornéria, de Fatsia japonica gigantesques, des Calcéolaires jaunes, des Convolvulus cneorum voisinent avec Myrtus chequen et Cordylines australes occupent ce qui fut un pré où séchait le linge.

LA VOUTE BLEUE (création 1976) uniquement avec les visites guidées

La nature qui nous réserve parfois des effets de surprises a, su s'adapter aux aléas de la forte tempête de 1987 .Littéralement couchés, ses Eucalyptus furent maintenus, soutenus, élagués, taillés, adaptés à leur nouvelle position formant après quelques années une inédite voûte bleutée. Le soleil passe au travers des branches, la lumière filtre au travers des jeunes pousses et les ombres se jouent dans ce jardin tout en perspective subtile.

Jardin botanique de Vauville

 

LE JARDIN EXOTIQUE (création 1980)

Grâce au mur de l'ancien potager, exposé plein Sud l'on retrouve, dans cette partie basse du jardin protégé par un talus végétal constitué de Ginesta odorants, ce jardin caché et abrité qui bénéficie de quelques degrés   supplémentaires, aidant   des plantes plus fragiles à supporter un climat auxquelles elles sont peu habituées. Protéas, Raphiolépis indica, Echiums piniana, Romneya coulterii, Cactées, Pélargoniums odorants, Carpenteria californica s'épanouissent, abrités des vents et des intempéries. Deux spécimens rares, plantés depuis 40 ans, Colletia cruciata et le Colletia spinosa atteignent ici une taille quasi inconnue en Europe et participent à la richesse et la renommée du Jardin Botanique de Vauville.

Jardin botanique de Vauville

 

LE GRAND ESPACE (création 1976)

Un air venu du large, le vent d'ouest qui souffle, au loin, la mer calme ou agitée souligne cet horizon sous les palmiers de la » Palmeraie Basse ». Volontairement sans plantation cette grande respiration donne toute l'ampleur du dessin du jardin. D'un côté , les Hémérocalles orangées vont doubler   la longue haie de Gunnéras manicata et en face, les Agapanthes bleues mêlées aux Népétas s'abritent sous les Phormiums tenax , les Cordylines australes et les Yuccas.

Jardin botanique de Vauville

 

LA PALMERAIE BASSE (création 1983)

Les palmiers et cordylines sont les premiers, de par la proximité de la mer, à affronter le vent et les embruns. Plantés, serrés sur plusieurs rangées rapprochées parfois en demi-cercle pour se protéger les uns des autres, et sur 200 mètres de long, Calistemons, jeunes eucalyptus, Cordyline indivisa, protégés aussi par des Phormiums s'entendent à merveille pour pousser en harmonie apportant un dépaysement assuré et une place privilégiée pour l'acclimatation des plantes australes profitant de leur abri protecteur.

Jardin botanique de Vauville

LE BASSIN DES GUNNERAS (création 2003)

D'une longueur de 60 mètres, ce bassin à deux niveaux est bordé, de part et d'autre, d'une haie de Gunnéras manicata qui étonnent toujours par la taille démesurée de leurs feuilles. Ce double bassin, à l'imposante tête de lion de plus de 1,5 tonne   sculptée dans la pierre suivant un dessin   de G. Pellerin, donne à cet endroit   originalité et   calme, avec, pour fond de décor, la découpe des collines. Le   dépaysement où le contraste de la luxuriance du jardin avec l'aridité de la lande prend toute sa dimension.

Jardin botanique de Vauville

L'EVENTAIL (création 1970)

Dans ce quart de cercle équilibré, dominé par un Cupressus Lamberti doré taillé en plateau,   quelques centaines d'Hémérocalles orangées poussent à l'ombre d'Eucalyptus, de Cistus, de Sénécio et d'Hébé. Un petit passage en amphithéâtre à découvrir quand ces «  Lys d'un jour «  sont en fleur, théâtre végétal pour concert végétal.

LE JARDIN D'EAU (création 1975)

  Comme son nom l'indique, ici, c'est le royaume des plantes aquatiques. Protégé par le demi-cercle d'une épaisse haie de Gynériums cortadéria (Herbe de la Pampa) dont les milliers de   plumeaux blancs surgissent en Septembre, les Iris de Kampfer, les Polystichums americanum et japonicum, Arums, Crinums, et la rare Osmonde royale (Fougère protégée et classée par le Conservatoire du Littoral) poussent librement sur les petites îles aménagées au milieu du bassin. Cette promenade autour des deux points d'eau nous fait découvrir des Euphorbes griffiti, orangée Wulfenii, des Ophiopogons nigrescens ou Muguet du Japon, végétaux originaux aux feuilles d'un noir profond assez inédit dans la nature. Le point de vue   est unique, unissant la lande aux couleurs changeantes qui domine Vauville et son jardin. Sur la mer, on aperçoit au Nord Ouest les falaises du Nez de Jobourg, et par temps clair sur l'horizon de la baie de Vauville large de 17 Kilomètres, les îles anglo-normandes de Jersey, Sercq et Aurigny.

Jardin botanique de Vauville

LES RHODODENDRONS, LES AZALEES (création 1970)

A l'abri des vents grâce à l'importante haie de Phormiums, Rhododendrons yakushimamum et Azalées épanouissent avec bonheur leurs couleurs de printemps. Un Olivier non greffé pousse entre les bambous, Camélias et Phormiums panachés.

Jardin botanique de Vauville